Les élections législatives partielles se sont conclues sur la victoire du candidat de gauche. J’ai voulu à ce sujet parcourir le web et la presse pour constater la manière dont la campagne de Francis Parny a pu être couverte par les media.
Comme toute élection partielle, le scrutin ne suscitait d’abord que très peu d’attention. Ce sont malheureusement les deux nuits émeutes qui ont eu lieu à Villiers-le-Bel qui ont d’abord focalisé l’attention de la presse qui, une fois sur place, réalisa qu’une élection se préparait.
Prenant très tôt conscience du fait qu’un tel climat ne pouvait pas être propice à un débat politique serein alors que commerçants, habitants, cadres associatifs ou élus étaient avant tous occupés à gérer l’urgence, F.Parny avait demandé au Préfet du Val d’Oise le report des élections. Olivier Zanetta, pour le Monde, a relevé sa réaction lorsqu’il lui déclarait : « L’urgence, c’est de rétablir la tranquillité dans l’espace publique. Poursuivre un débat politique friserait l’indécence dans beaucoup de quartiers. » (Banlieue : de Clichy-sous-Bois à Villiers-le-Bel, LEMONDE.FR, 28.11.07).
Parallèlement, l’un des candidats jouait avec le feu et les émotions des habitants en se prenant en photo devant une voiture calcinée pour mieux affirmer sa promesse de devenir le député de la répression et du tout sécuritaire. Il a d’ailleurs provoqué, directement ou non, un débat sur le rôle de la police dans nos quartiers. La position de F.Parny a été reprise par Le Monde (encore !) :
"Les candidats qui utilisent ces événements font un contresens", estime pour sa part (…) Francis Parny, également vice-président du conseil régional. "Dire aujourd’hui : ’Nicolas Sarkozy a réglé le problème, donc votez pour moi’, ne veut rien dire. Il a réglé le problème de sécurité publique, et c’est bien la moindre des choses, mais les questions de police de proximité ou de réussite scolaire restent toujours en suspens", explique-t-il. (Après les violences à Villiers-le-Bel, les électeurs appelés aux urnes dans le Val-d’Oise, LEMONDE.FR, 09.12.07)
L’édition du 27/11/2007 de Libération cite également sa position mais le plus intéressant est qu’elle est rédigée comme une antithèse aux positions du FN qui sont le sujet de l’article (Le FN en campagne sur les cendres de Villiers-le-Bel, Libération, 27/11/2007) :
Francis Parny, candidat communiste, a choisi l’attitude inverse. Dans une lettre adressée au préfet du Val-d’Oise, il demande le report du scrutin en raison des « évènements tragiques de Villiers-le-Bel [qui] troublent gravement la vie des habitants de la 8e circonscription », affirme Francis Parny, également vice-président du conseil régional, dans une lettre adressée au préfet. « Je suis certain que le temps n’est plus au débat électoral. Il est celui de l’inquiétude, de l’émotion, de la souffrance pour toutes les victimes et leurs familles. Il est aussi celui du deuil. Il faut le respecter », écrit-il.
Selon lui, « l’urgence est de rétablir la tranquillité dans l’espace public », et « poursuivre un débat politique friserait l’indécence dans beaucoup de quartiers ». Francis Parny entend prendre contact avec les autres candidats pour leur faire part de sa proposition.
Les enseignements de ce scrutin sont importants en particulier à Garges où les progrès de l’ensemble de la gauche en dépit du recul du PS au premier tour (entre les scrutins de juin et de décembre) ont eu un rôle décisif sur l’issue du scrutin comme l’espérait d’ailleurs François Pupponi auprès des journalistes du quotidien Le Parisien :
« Les reports de voix du candidat communiste Francis Parny devraient cependant tempérer cet « effet Villiers-le-Bel », selon François Pupponi. » (Duel serré à Sarcelles, Le Parisien Val d’Oise, 10/12/2007)
A mes yeux, cela prouve une fois de plus que la gauche se rassemble et gagne une fois qu’elle sait s’unir et qu’elle se bat pour ses propres valeurs. Le tableau ci-dessous donne un bon aperçu de la dynamique désormais lancée à gauche :
En préparant cette revue de presse et du web commentée, j’ai eu aussi l’occasion de constater la réactivité de media collaboratifs comme wikipedia où l’article consacré à Garges commente déjà l’état des forces politiques locales au vu des résultats du scrutin :
Pour autant, les principaux dirigeants de cette gauche locale sont conscients des possibilités qui sont les leurs face à une droite qui n’a pas gagné une seule élection locale ou nationale sur la ville depuis 2001. C’est ainsi que Francis Parny a accompli ces derniers mois un travail important qui laisse deviner qu’il mènera sa propre liste aux élections municipales de 2008, chose qu’il a officiellement confirmée en présentant son groupe de travail et en tenant diverses réunions publiques sur la ville. Sa nette progression entre les législatives de juin 2007 (6% des suffrages exprimés sur Garges) et les élections législatives partielles de décembre 2007 (6% sur l’ensemble de la circonscription mais 14% des voies exprimées sur Garges), dans un contexte de forte abstention et d’une diminution du vote socialiste au lendemain des émeutes de Villiers-le-Bel, tendent à le placer comme le leader de la gauche sur la ville.
Cela doit nous conforter dans notre volonté de continuer à mener le travail positif que nous avons lancé sur la ville depuis quelques temps. Les Gargeoises et les Gargeois peuvent compter sur nous pour amplifier cette dynamique dans le rassemblement des diverses sensibilités de la gauche avec des personnalités indépendantes pour, ensemble, construire un autre avenir pour notre ville.
Yassine Ayari










